Un format un peu nouveau sur le blog, aujourd’hui c’est une tribune libre, une carte blanche offerte au Geek. Son style, son billet d’humeur, pour illustrer une après-midi d’enfer dans l’univers de Castorama.

Aucun style imposé, à vous de voir s’il sait parler aux filles …

 

Mesdemoiselles, Mesdames, Monsieur,

C’est avec beaucoup d’émotion et d’honneur que je me permets de coucher ces quelques mots sur ce ….

Nan ! Rien à faire, je n’y arriverai pas comme ça. Et puis à quoi servirait une carte blanche si ce n’était pour montrer ce qui après tout n’est pas moi. Non donc, pas de langue de bois. Du vrai, de l’authentique, du geek inside.

Et de l’énervement un peu aussi. Il faut dire que la journée à été riche en sources d’irritation et en potentiels pétages de plombs. Chez Castorama, ils savent y faire pour réveiller, pour stimuler mon coté bestial.

Mais reprenons tout ça dans l’ordre, et dans la sérénité et le calme qui convient aux jolies histoires, de celles que l’on raconte pour endormir les p’tits pioupioux (oui, pioupiou prend un X au pluriel, c’est comme ça, chacun a le droit d’inventer des mots et les règles qui les régissent  (profitez de cet intermède dans le récit pour aller visiter le Définistaire ).

Pour ne rien vous cacher, la Fille et moi-même nous sommes finalement lancés dans la réfection de notre jardin, décision qui a pris le temps de mûrir pendant presque 8 ans (le temps que l’on finisse d’abord d’achever un intérieur correspondant à nos attentes, nombreuses et complexes et surtout parce qu’on en a marre de pas pouvoir pleinement profiter des après-midi de soleil qui parfois pointent le bout de leur nez en Ile de France, et parce qu’on avait envie aussi .. beaucoup !). Et refaire un jardin c’est pas rien, j’peux vous l’affirmer, surtout que la Fille fait rarement les choses à moitié, surtout quand il s’agit de design, de coté pratique et de déco, et ça vaut aussi pour les jardins !

Je passe sur les joies de la dévégétalisation (action consistant à couper tout ce qui dépasse ou qui se trouve planté dans la ligne de vue), du gros oeuvre et du terrassement – Tout cela est presque fait, les dalles en béton et les allées sont dessinées, les souches contemplent le ciel de leurs racines retournées. J’en arrive directement au coeur du truc, à la substantifique moelle du jardin réussi : L’aménagement des espaces de vie.

A savoir, comment résoudre l’équation suivante :

  • Je dois protéger mon intimité du regard concupiscent de mes voisins : Claustras !
  • Je dois pouvoir sortir sans dégueulasser mes louboutins (enfin les siennes, les miennes je les mets plus, elles me collent des ampoules de la taille d’un pied) : Carrelage de la terasse et de l’allée !
  • Je dois minimiser mes efforts de nettoyage en protégeant tout ça de l’envahissante terre et des peu probables mais redoutables courants de boue : Bordures d’allée !
  • Contraintes : Le carrelage doit être en accord avec les claustras. Tout ce petit monde doit être commandé d’un coup pour bénéficier de la remise de 10% de la carte Casto et pour optimiser les coûts de livraison. Tout doit être livré dans moins d’un mois.

Après de longues recherches, et un sens peu commun de l’optimisation, La Fille réussit à trouver chez Castorama tous les composants permettant de résoudre efficacement à et moindre coût les variables de l’équation ci-dessus exposée. Elle est forte, elle est balèze, elle m’épate chaque jour un peu plus !

Chez Casto, y’a tout ce qu’il faut (pour les nostalgiques des pubs radios). Enfin sur le papier, parce que chez Casto, c’est un peu plus compliqué.

Après quelques coups de fils, permettant d’identifier quel Casto est le plus adapté en terme de proximité et de disponibilité des produits, nous voila partis pour le casto d’Eragny.

Première étape : trouver un vendeur, qui correspond au rayon, sachant qu’évidemment aucun des trucs que l’on cherche n’est dans le même rayon .. Ben tiens, les bordures d’allées et les carrelage de terrasse, ou les claustras, c’est forcément pas au même endroit. Et on est dimanche.

Mais ça, on y arrive encore. C’est long, une fois qu’on l’a, il repart, mais on le rattrape. Et on lui confisque son téléphone, sinon il écoute pas quand on lui parle.

Deuxième étape : Essayer d’expliquer qu’il faut un échantillon du carrelage pour aller voir les panneaux des claustras, histoire de s’assurer que question couleur, ça va pas faire trop color block, parce que les jardins, ils s’en foutent un peu des tendances du moment. Et ça, on y arrive aussi, une fois qu’on a le bon vendeur.

Et là ça se complique … Dans le premier Casto, ils ont le carrelage, ils en prêtent un échantillon pour aller dans le magasin d’à coté (ah oui .. le jardin,  c’est l’autre magasin, celui des matériaux .. trop facile sinon, t’es en mode expert là, c’est du hard core gaming). Go l’autre magasin donc, pour apprendre que heu .. en fait non, les claustras on vous aura mal renseigné, c’est dans le premier magasin .. celui où vous étiez avant). Pas grave, on va quand même commander les bordures, parce que les bordures c’est bien là hein ? Oui ! Ouiiiiiiii ! Les bordures c’est là .. on commande, avec livraison qu’on complétera avec les claustras et le carrelage qu’on achetera dans le premier magasin qu’on y était avant. Hein ? dis hein ?

Donc .. 110 bordures .. bon de commande, feuille de livraison ! Bingo. Et retour au magasin 1. Et là patatra ! Y’a pas les claustras .. no claustras .. pas en expo, pas en stock rien, peanuts, peau d’balle.

Fichtre donc ! Impossible de vérifier que la couleur du carrelage va matcher avec celle des claustras. Impossible donc de passer commande. Regard triste, lèvre tremblotante, le vendeur nous conseille donc d’aller nous faire voir au magasin de Cormeille en Parisis, où là, des claustras, y’en a !

Bruyants de soupirs, mais motivés, gonflés à bloc, nous voila partis pour Cormeille en Parisis !

Et là, on trouve nos claustras .. y’a même des dalles de carrelage pour voir que la couleur, c’est super cool en fait. Hop hop hop .. au pas de course, on file passer les commandes. Joie, émotion ..

On commence par les bordures. Bon y’a ce qu’il faut en stock (110 pièces de bordure, grand jardin, on se la pète un peu!) – Mais heu .. attendez .. faut que je vérifie de visu et que je demande l’enlevement de la palette .. Parce que chez Casto mon gars (enfin ma fille, j’suis pas sur mon blog là .. faire gaffe au lecteur, toujours, déjà que j’en ai perdu plus de 60% après le 900éme mot .. ce billet est trop long), tu peux pas bloquer une commande quand t’es vendeur. Tu peux vendre, mais si quelqu’un passe et prend les pièces avant que ça soit chargé dans le camion, hop .. fini, no more bordures ! Donc le vendeur doit aller voir sur place, appeler un collègue, demander par radio le transpalette et déplacer mes 110 bouts de béton, pour être sur que justement, ça reste MES bouts de béton à moi. La puissance du progrès et de la logistique moderne quand même hein !

Bordures, c’est fait !

Now claustras : Et là, c’est le drame ! Y’a les panneaux des claustras, y’en a même assez pour ne plus voir la voisine étendre son linge, mais y’a pas assez de poteaux .. et oui .. c’est moche ! Casto a donc un stock de panneaux de claustras invendables .. Parce que sans les poteaux, c’est aussi utile que du mascara sans brosse pour l’appliquer (j’tente l’adaptation sauvage). Pas grave Kevin (les vendeurs ont tous ce petit truc pétillant dans le regard qu’ils doivent tous s’appeler Kevin, ou Brandon-Michael). On commande .. on est comme ça, on est des fous nous .. commandons !

FATAL ERROR – Epic Fail – En termes moins geek, connerie majeure : On ne peut plus commander chez Casto. Ca se confirme aussi au rayon Carrelage où le vendeur nous a confirmé que pour tous les rayons, la consigne a été passée : Plus aucune commande – Gros soucis de gestion des fournisseurs apparament. L’un d’eux, un tantinet plus transparent et désabusé que ses collègues nous a même avoué que certaines commandes passées par Casto n’étaient toujours pas arrivée depuis … mars !!

Casto aurait-il arrêté de payer ses factures, ou sont-ils en train de liquider les stocks sans renouveler, toujours est-il qu’on ne peut plus acheter que ce qui se trouve en rayon (quand tu refais une terasse et un jardin, faut toujours plus que ce qu’il y’a dans le rayon!!), et que si tu veux le faire livrer, faut prier pour que personne ne le pique avant que ce soit chargé dans le camion …

Un magasin de matériaux de construction et de déco, et ON NE PEUT PAS COMMANDER !! Rien .. Si c’est pas en rayon, passe ton chemin .. Un peu comme une journée en fin de soldes ou tu chercherais des chaussures top tendance, pas cher et en taille 38 !!!

Pas de carrelage donc, pas plus que de claustras .. la misère (et 4 heures déjà passées entre tous ces aller-retours entres les rayons et les magasins – et le dimanche, l’heure perdue compte double).

Le top du top, la cherry sur le sundae, c’est la carte Casto. Immonde carte de paiement, avec crédit intégré, et arnaque inside. Mais bon, ça réduit considérablement les frais de livraison (et les 850 kilos de bordures sont pas compatibles avec le coffre de la clio), et surtout, c’est 10% de réduction sur le total de la commande : Donc si on sait faire attention, et si on paye comptant, c’est toujours bon à prendre.

Hop .. on a la pièce d’identité, le RIB .. On peut y aller. Questionnaire pointu, précis, terriblement inquisiteur – Je me suis demandé si le diamètre de mes parties génitales n’allait pas à un moment devoir être divulgué sur la place publique. Bref, toute notre vie privée, professionnelle, financière est entrée dans le système de scoring de l’organisme de crédit (lentement, très lentement .. on est en train d’hypothéquer l’apéro là .. ça craint!). Et forcément, comme c’est une journée de merde, la ptite dame Casto-Inquisitrice nous sort : Ah ! Faut faire une étude auprès de l’organisme. Je dois les appeler au téléphone pour avoir confirmation pour votre dossier (logiciel de scoring de merde – carte casto à la con!) : Après plus de 5 minutes où CastoGirl à le combiné collé à l’oreille et où le reste de son organisme donne l’impression de s’être fossilisé ultra-rapidement, j’ai l’audace de demander « Il y a un souci peut-être ? » – « Non, non, mais ça ne répond pas .. ah si .. attendez .. oui .. bonjour, c’est pour une étude de dossier et … allo ? allo ?? Ah tiens, ils ont raccroché .. je rappelle .. « .

Nous avons aussitôt libéré cette pauvre jeune fille de son calvaire, et tiré un trait sur la carte Casto, comme sur l’idée de retourner un jour dans ces magasins moisis. Je plains sincèrement les vendeurs, mis dans l’incapacité de faire leur métier correctement par une logistique totalement inadaptée, inexistante – c’est affligeant. Après tout, et malgré mes railleries, ils ont tout fait pour essayer de nous aider dans notre volonté d’achat, mais le système à été trop fort pour eux.

Casto qui inonde par ailleurs, et en ce moment même, les chaines de télé de ses pubs où tout le monde peut redécorer tous ses intérieurs et ses extérieurs .. C’est surement possible, mais avec des patchworks de matériau disponibles uniquement parmi ceux en stock, à trouver dans différents magasins, et uniquement pour une maison de poupées !

Casto, caca !

Autant vous dire que l’apéro a été conséquent. Peut-être plus même que l’horrible longueur de ce billet. Je félicite par avance ceux qui m’auront suivi jusqu’au bout, c’était courageux, voire héroïque ! Mais pour une fois que La Fille me donne la parole, hein .. j’pouvais pas ne pas en profiter.

Little Big Yoda @ http://www.thegeekbar.fr